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Rencontre avec Nathalie Parelle, AMP au Foyer de vie Pamart


Comment avez-vous vécu le confinement ?

Pour moi, le confinement a été très difficile au départ. J’ai beaucoup pleuré, j’étais angoissée. J’ai tenu, j’ai résisté et maintenant je me sens beaucoup mieux. Sur place, Marion Boutté, la chef de service m’a rassuré. Entre nous, on parle beaucoup pour se rassurer.

Chaque matin en arrivant, je me dis « j’espère que tout le monde va bien ! » C’est mon inquiétude..


Comment se comportent les résidents ?

La première semaine, ça a été très difficile, mais ils se sont habitués. On leur a beaucoup expliqué et ils comprennent très bien.

Les résidents sont calmes et posés. Grâce à eux, je trouve le courage de venir chaque jour.

Je suis bluffé de leur comportement. Au début, ils avaient beaucoup de questions et je craignais des troubles du comportement, liés au confinement. Je craignais qu’ils le vivent mal, qu’ils paniquent alors que, moi-même, j’étais un peu paniquée. Au fur et à mesure, j’ai vu que tout le monde allait bien. Les activités ont été mises en place et chacun a trouvé de quoi s’occuper. Ils n’ont pas de contraintes d’emploi du temps. Les résidents font leur petite vie tranquillement au Foyer.

Je trouve que les résidents sont vraiment contents de nous voir. Ne voyant plus leurs familles, ils trouvent du réconfort auprès de nous, ça les rassure beaucoup, ils expriment beaucoup plus leur contentement en nous voyant.


Qu’est-ce qui a changé dans votre quotidien ?

Les petits plaisirs prennent une autre saveur en ces temps difficiles. Les équipes et les résidents cuisinent les week-ends et les résidents adorent ça ! Ils prennent plaisir à faire avec nous, ça occupe tout le monde et ça nous fait du bien.

Nous avons organisé un apéritif dînatoire, un soir en semaine et franchement ça nous a tous mis du baume au cœur, résidents et professionnels. Ces petites choses du quotidien font que ça se passe bien.

Il y a eu la difficulté d’apprendre à chacun à se laver correctement les mains. Et maintenant, ils font la queue pour aller se laver les mains avant les repas.

Céline Harent, une collègue, fait aussi des visios avec les familles et les résidents. On les appelle régulièrement. J'imagine aussi leur angoisse.


Comment avez-vous réagi à la mise en place des protections ?

Au début, j’étais inquiète de ne pas avoir de masques, de blouses, mais je suis rassurée d’avoir aujourd’hui les équipements nécessaires.


Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Je suis fatiguée, mais fière d’avoir surmonté mes angoisses du départ. Je vais profiter de quelques jours de repos dans les prochains jours, ils me feront le plus grand bien après ces moments émotionnellement forts.